avril 7th 2008
De l’activisme actionnarial…
Les investisseurs à la recherche de sens dans leurs placements sont de plus en plus nombreux. Ils se tournent naturellement vers les fonds ISR, les fonds dit “développement durable”, les fonds solidaires (qui permettent de financer l’économie solidaire) ou encore vers les fonds d’exclusion. Ces derniers, très répandus aux Etats-Unis, sont des fonds (équivalent de nos Sicav et FCP) qui bannissent des pans entiers de la cote de leur champs d’investissement: le sexe, l’alcool, le tabac, l’armement, la chimie et le pétrole, sont généralement exclus par ces “gérants éthiques”.
Cette question de l’exclusion pose néanmoins la question de notre capacité à peser sur les décisions stratégiques d’une entreprise. Alors que le débat sur les OGM divise nos députés à l’Assemblée Nationale, alors qu’il divise les citoyens du monde entier, nous sommes en droit de nous interroger sur le rôle de la finance et donc des investisseurs dans ce débat. Les “investisseurs anti-OGM” doivent-ils exclure l’action Monsanto de leur liste de valeurs éligibles à leur fonds, ou doivent-ils au contraire l’inscrire en tête de liste, comme cible prioritaire dans le cas d’un activisme boursier?
Le meilleur moyen de peser dans le débat, de faire évoluer la position d’une entreprise, aussi puissante soit-elle, est-il de s’opposer à elle en l’excluant, en la montrant du doigt? Ou faut-il au contraire continuer à dénoncer certaines pratiques en se dotant d’une arme redoutable: le droit de votre inhérent à la qualité d’actionnaire ? La question commence à faire débat. Amnesty US a déjà tranché. D’autres investisseurs plus institutionnels pourraient lui emboîter le pas. Compte tenu de la nouvelle contrainte environnementale, l’activisme sociétale va inévitablement prendre son envol.