septembre 8th 2009
Et si la crise ne faisait que commencer?
“La crise financière est terminée. Le rebond de l’économie est imminent” tel est le discours général auquel nous sommes bercés depuis le début de l’été 2009. Si les signaux d’une stabilisation de l’économie américaine sont bel et bien réels, il serait prématuré de décréter la fin de la crise économique. Pourquoi? Tout simplement parce qu’en deux ans de crise financière, les phénomènes qui sont à l’origine de cette crise sans précédant n’ont toujours pas été eradiqués. Une ébauche de réglementation internationale des marchés financiers est certes sur la table du G20, la question des bonus des traders a certes été abordée et suivie d’actes, mais le fonds du problème demeure: les risques inconsidérés pris par le système bancaire sur les marchés financiers n’ont toujours pas été encadrés. Depuis le début de l’année 2009, les banques américaines enregistrent un redressement spectaculaire de leur compte grâce aux activités de trading. La spéculation repart sur les chapeaux de roue. Le ratio qui calcule la prise de risque de ces banques sur les marchés financiers est au plus haut. Au deuxième trimestre 2009, Goldman Sachs a atteint son niveau le plus élevé depuis 1999…La course effreinée à la rentabilité, qui a failli faire sombrer l’économie mondiale dans une grande dépression, repart de plus belle. Les investisseurs, banques et fonds alternatifs en tête, n’ont apparemment pas tiré les leçons de la crise financière. Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour qu’une nouvelle crise financière germe, sous l’afflux de liquidités déversées par les banques centrales sur les marchés ces derniers mois. De nouvelles bulles vont se créer au cours des prochaines années. Le résultat de cette situation est prévisible: les bulles éclateront de nouveau, mais cette fois-ci , les états occidentaux gorgés de dettes n’auront plus les moyens de ponctionner des contribuables rincés par l’impôt, pour éponger les pertes de la Grande Finance. Les conséquences économiques et sociales de cette prochaine crise financière seront très lourdes. A moins que les investisseurs ne se convertissent massivement à une autre approche financière, la Finance Responsable. Mais ça , c’est encore une autre histoire.