décembre 22nd 2009 03:34
La relance par les fourmis
La deuxième semaine nationale de l’Epargne Solidaire se déroule de 4 au 11 novembre. C’est l’occasion pour ses organisateurs de sensibiliser le grand public à une autre finance et aussi de poser la question fondamentale de l’utilisation de notre épargne…
En effet, un an après la faillite de Lehman Brothers, les choses n’ont pas changé. Les bas de laine des français continuent d’alimenter majoritairement les fonds composés des plus grandes entreprises mondiales (CAC 40, Euro Stoxx 50…), lesquelles ne sont pas forcément les plus créatrices d’emplois dans le contexte actuel. La PME dans tout ça, ne récolte que quelques miettes.
Les choses peuvent-elles changer ? On peut l’espérer. A compter du 1er janvier prochain, conformément à la Loi de Modernisation Economique, toute entreprise qui mettra en place un plan épargne entreprise (PEE) ou un plan épargne interentreprises (PEI) devra proposer à ses salariés au moins un fonds d’épargne solidaire dans le catalogue des placements disponibles. Une petite révolution qui pourrait permettre à l’Epargne Salariale Solidaire de prendre son envol l’an prochain. Car avec seulement 0,55 milliards d’euros collectés sur plus de 76 milliards d’euros d’épargne salariale en France, les fonds solidaires sont le parent pauvre de la finance. Sur le plan social, l’enjeu est de taille : l’Epargne Solidaire a permis de maintenir ou de créer 20.000 emplois l’an dernier et de loger 1.500 familles. En incitant les salariés à réorienter une partie de leur épargne vers ce secteur, l’Etat participe à la relance de l’emploi auprès des plus démunis. Bravo !
L’Etat a cependant encore une fois joué « petit bras »… il pourrait encore élargir les incitations à épargner différemment. Plûtot que d’inciter les salariés à débloquer leur participation pour consommer, incitons les à épargner de manière productive ! Les français sont des fourmis et non des cigales, autant en faire des fourmis créatrices d’emplois. A l’image des fonds solidaires, l’Etat pourrait obliger les entreprises à proposer à leurs collaborateurs lors de la mise en place d’un PEE au moins un fonds d’investissement dédiées aux petites et moyennes entreprises. Sur 76 milliards de collecte, il y a de quoi faire…. Oui, mais pour cela, il faudrait que les banques modifient leur offre dédiée à l’épargne salariale. Il faudrait qu’elles acceptent de faire preuve de transparence dans l’utilisation des fonds collectés auprès des salariés…tout un programme.
Chronique publiée dans Le Monde Argent-Novembre 2009
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